L'histoire du Tour du Ruan

Le Tour du Ruan est un tour avec un passé très récent. Son histoire est devant lui. Celà fera deux ans qu’il a été inauguré et commence gentiment à se faire connaître.

Ci-dessous les propos recueillis par M. Willy Fellay, président de Valrando, mais également l’un des initiateurs de ce merveilleux tour.

Comment est venue l’idée du Tour du Ruan ?

W.F. : Je suis propriétaire d’un mayen sur les hauts des Mayens-de-Sarreyer à 2000 m d’altitude. Et comme paysage en face de moi, la région du haut de la Vallée du Trient avec Emosson - le Cheval-Blanc - la Pointe du Genévrier - Les Perrons. Et je voyais surtout une ligne à haute-tension qui m’intriguait beaucoup à l’époque. Avec mes enfants, nous avons fait la balade en passant par le Vieux-Emosson et le col de la Terrasse pour me rendre compte où cela se trouvait.
C’est avec Gérard Fornay (patron de l’Hôtel du Giétroz au Châble) en partant se promener sur Chamonix en voiture que l’on décida de se rendre à Sixt, Fer-à-Cheval. Et c’est en arrivant là-bas, qu’il me vient l’idée de faire une course un jour en passant par un col depuis Emosson pour se rendre à Sixt par les hauteurs.
Et puis, c’est dans la même période que j’ai été convoqué à une séance sur le Tour des Dents-Blanches.

Et c’est lors de cette réunion que j’ai rencontré Laurent Collinet, accompagnateur en montagne à Salvany, à qui j’ai demandé d’organiser une course depuis Emosson, en passant par le Cheval-Blanc, le Grenairon et Sixt. Une année plus tard, les 19 et 20 août 1995, une trentaine de personnes de Valrando avec comme chefs de course Roland Gay-Crosier et Laurent Collinet, partent dans le but de relier la Vallée du Trient à celui des Dents-Blanches. Ces personnes relièrent Emosson à Sixt, Fer-à-Cheval. A cette époque, j’ai réussi à convaincre Laurent Collinet de marcher avec moi pour créer ce Tour du Ruan. Et j’ai convoqué les présidents des diverses communes concernées par le Tour ainsi que Victor Glassey à qui j’avais demandé de faire les calculs techniques et des horaires de l’itinéraire. Les quatre communes ont été d’accord pour fonctionner avec nous.

Pour le Tour du Ruan, je ne voulais pas quelque chose d’aussi lourd. Un comité a été nommé. Ils voulaient me nommer président. Je ne pouvais pas accepter vu que je fonctionnais déjà à la présidence de Valrando. C’est ainsi que l’on nomma Laurent Collinet et que l’inauguration du Tour fut faite à Emosson le 28 juin 1998 par le président de la Commune de Finhaut, Maxime Gay-des-Combes. Le Tour est là et bien vivant grâce à la collaboration de toutes les municipalités et au bon vouloir de chacun.
Ce Tour je le qualifie plutôt ressemblant à un trecking par sa technicité qu’à une randonnée.

Mon vœu est qu’il relie également la région de Chamonix à Avoriaz qui sont deux grands pôles touristiques. Il pourrait être la liaison entre les deux en cinq étapes en débordant sur le Tour des Dents-Blanches (Emosson - Grenairon - Vogealle - Barme - Susanfe - Salanfe - Emosson). Nous avons en septembre 2000 effectué ce Tour avec le reporter-photographe Mario Colonel. Le reportage sortira dans divers magazines de montagne et lancera définitivement le Tour du Ruan.

C’est un complément intéressant pour le tourisme pédestre dans la région par sa variété technique par rapport aux autres tours voisins comme le Mont-Blanc ou encore Les Combins, etc.

En connaissant vraiment la région, M. Willy Fellay avec son envie d’aller au fond des choses, a su construire le premier mètre du tracé qu’emprunte le Tour. Mais ce qu’il ne dit pas, c’est en fait la Tour Sallière qui attirait son regard depuis son mayen et non pas le Mont-Ruan. Car il prit la Tour pour le Mont et celà devint le Tour du Ruan !