La faune

La faune que l’on rencontre sur le Tour du Ruan est très variée et, suivant les endroits, certaines espèces sont en grande quantité. Nous admirerons des mammifères, des oiseaux, des poissons, des batraciens et des reptiles.
Les rencontres avec ces animaux lors de mes balades autour du Ruan seront le fil rouge de ce chapitre consacré à la faune.

Première rencontre

Un sifflement aigu. Voilà que Dame marmotte nous souhaite la bienvenue sur son territoire qui s’étend du barrage d’Emosson aux Traces de Dinosaures. On la trouve un peu partout le long du chemin en rive gauche et droite de la Gorge de la Veudale et de la Gorge du Vieux. Les Sex Blancs, les Blettes et les Six Jeurs abritent plusieurs colonies de marmottes. 

La marmotte est un mammifère aux mœurs mal connues car elle passe une bonne partie de sa vie sous terre et le reste de son temps, quand elle est dehors, elle le consacre à se nourrir de près d’un kilo de végétaux par jour. Elle possède une excellente vue et un bon odorat, ce qui lui permet d’être constamment à l'affût du danger. Le renard et l’aigle royal sont ses ennemis mortels. L’hibernation est une période très intéressante durant la vie de la marmotte. Tout d’abord, elle prépare son terrier d’hiver vers la mi-septembre et, à cette époque, Dame marmotte a atteint sa plus grande réserve de graisse d’environ 1200 grammes pour pouvoir affronter les frimas de l’hiver. Elle confectionne un nid au fond du terrier avec le foin qu’elle achemine de l’extérieur en remplissant sa gueule de touffes d’herbe. Tout cela se fait en famille. Si la période au cours de laquelle la marmotte entre en hibernation varie selon l’altitude, le climat, l’ensoleillement, elle se situe entre la mi-septembre et début octobre. La température du corps de la marmotte durant l’hibernation descend autour des 10 °C alors qu’en temps normal, elle est de 39 °C. Pendant son sommeil, les réflexes de la marmotte sont supprimés et son rythme cardiaque est très ralenti. Les battements du cœur peuvent tomber à 5 par minutes alors qu’ils sont à 200 en temps normal. Un terrier possède plusieurs nids et un nid héberge cinq à dix animaux. Au printemps les marmottes émergent de leur terrier, en général entre le 20 et le 27 avril. Cela peut être exceptionnellement bien avant ou plus tard, selon les conditions météorologiques.
L’accouplement de la marmotte a lieu généralement dans le terrier et elle met au monde en général deux à sept jeunes tous les deux ans.

Sous le restaurant d’Emosson, les marmottes jouent les fières devant le regard des touristes et, du côté du Vieux-Emosson, un peu plus haut que la cabane, vit une famille de Marmota marmota avec un prénom pour l’une d’elle, “Chouquette”, la mascotte des gardiens de la Cabane du Vieux. On croise la marmotte sur tout l’itinéraire du Tour du Ruan avec des lieux plus fréquentés que d’autres par des colonies. Dans la descente du col d’Emaney, on découvre souvent un véritable théâtre où évolue cet animal de la faune alpestre dont l’image nous est très familière.

Deuxième rencontre

L’arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), l’omble ou saumon de fontaine (Salvelinus fontinalis), la truite fario (Salmo trutta fario) et la cristivomer (Salvelinus namaycush), sont les principales espèces de salmonides présentes dans ces eaux.
Derrière ces murs de béton: de l’eau. Toujours et encore de l’eau... De quoi satisfaire les poissons et le pêcheur. Dans le lac d’Emosson, la pêche est autorisée avec un permis cantonal. Au Vieux-Emosson, le principe de pêche diffère un peu. Il fonctionne en un société composée de 100 membres actifs et passifs qui ont le droit de pêche dans ce lac. Des permis journaliers sont vendus à toute personne intéréssée à la pratique de la pêche dans ces eaux privées.
Le poisson que l’on peut y trouver a généralement été amené par l’homme.

Lors de la première mise en eau, le lac du Grand Emosson bénéficia de l’immense richesse piscivore installée dans la retenue d’eau de Barberine. Actuellement, des truitelles de petit calibre sont régulièrement mises à l’eau pour renouveler l’empoissonnement. Il semblerait que le poisson de ce plan d’eau passe l’hiver et se reproduise.
Au Vieux-Emosson, un gros rempoissonnement a lieu une ou deux fois au cours de l’été chaque année. En automne, les eaux de ce barrage sont déversées dans celui d’Emosson et il subsiste un tout petit plan d’eau qui gèle durant l’hiver. Néanmoins, chaque printemps, la pêche de quelques truites prouve bien que le poisson survit quand même à des conditions extrêmes.
Le poisson pêché dans le barrage d’Emosson a la chair saumonée. Cela est dû au fait que les truites se nourrissent de minuscules crevettes en suspension dans l'eau.

Au pied du barrage du Vieux-Emosson à 2180 mètres, sur une grosse tête de rocher poli par le dernier passage des glaciers, se trouve la Cabane du Vieux-Emosson. Cette ancienne bâtisse servit de dortoir et de cuisine durant la construction du barrage du Vieux-Emosson et par la suite de local pour les ouvriers de l’usine CFF venant effectuer des contrôles périodiques du barrage. C’est en 1990, grâce à l’idée de M. Nicolas Vouilloz et de son épouse (toujours gérant de la cabane), que ce bâtiment prit une autre destinée en se transformant dans un premier temps en une “Petite Buvette” et, par la suite, devint la “Cabane du Vieux-Emosson”. Il est possible de loger en dortoir avec environ 26 places réparties entre la Cabane du Club Alpin Suisse, section de Martigny, et la “Cabane du Moutonnier”. Ces deux cabanes se situent en aval de la Cabane du Vieux-Emosson qui est ouverte de la mi-juin jusqu’aux premières neiges d’octobre.

La chapelle d'Emosson La flore Emosson à Grenairon